Culture

Mes lectures d’ado et de jeune adulte que j’ai pris plaisir à relire.

J’ai toujours aimé lire mais je ne suis pas une dévoreuse de livres. Je me sens toujours un peu obligée d’attendre entre deux lectures, comme si mon cerveau n’arrivait pas à passer d’une histoire à l’autre. Comme si j’avais besoin de temps pour être enfin prête à m’imprégner d’une nouvelle lecture. Je lis comme je regarde des films. C’est à dire que je fais preuve d’une empathie sans limite et je me mets facilement à la place des protagonistes. C’est pour cela aussi que je lis essentiellement des histoires courtes, ou sans trop de descriptions. Il faut que les actions s’enchainent. La période de ma vie durant laquelle je me suis le plus adonnée à ce loisir est sans conteste l’adolescence. Rectification: l’adolescence et mes premières années de jeune adulte. Quand mon fils est né, j’ai commencé le blog et j’ai considérablement ralenti  la fréquence de mes lectures.  Aujourd’hui, je prends de nouveau plaisir à me plonger dans une histoire. Parfois, c’est une histoire toute neuve (comme Tess D’uberville que j’ai commencé à lire il y a quelques semaines et que j’ai tellement de mal à reprendre), parfois je laisse mes yeux et mes mains se balader sur la tranche des bouquins déjà présents, lus et rangés dans ma bibliothèque et j’en ressors un .

L’herbe bleue.

L’histoire: L’herbe bleue est le journal intime d’une jeune droguée de quinze ans.
Cet ouvrage ne prétend pas décrire le monde de la drogue chez les jeunes. Il n’apporte aucune solution à ce problème. C’est une chronique personnelle, spécifique, qui, en tant que telle, permettra peut-être de comprendre un peu l’univers de plus en plus compliqué dans lequel nous vivons.

Parmi les livres qui ont fait mon adolescence, il y a L’herbe bleue. Je suis d’accord pour dire que ce n’est pas de la grande littérature mais ça m’a permis de me pencher sur le sujet de la drogue et de ses méfaits. Vers 13-14 ans, j’aimais beaucoup lire des histoires qui m’ouvraient les portes des mondes que je ne connaissais pas. Cela a été le cas avec ce bouquin. Mon édition est assez ancienne puisque, une vingtaine d’années avant moi, c’est ma maman qui la tenait entre les mains.

Le Petit Prince d’Antoine de Saint-Exupéry.

L’histoire: Une rencontre entre un homme, le narrateur, qui n’a plus le sentiment d’appartenir au monde de ses semblables, et ce petit prince qui habite seul sur sa planète, aime les couchers de soleil et n’oublie jamais une question une fois qu’il l’a posée…

Ah , mon très cher Petit Prince! Je l’ai lu la première fois lorsque j’avais 12 ans. J’avais trouvé ce conte, bien que mignon, complètement niais. Je l’ai relu l’année dernière et ça a été la révélation. J’ai compris la portée philosophique, les questions morales qui sont posées, la réflexion que ce livre doit instaurer en chacun de nous. Je vous en ai d’ailleurs fait une revue juste . Depuis, je ne cesse de le relire. C’est une véritable pépite.

Hell…

L’histoire: Hell a dix-huit ans, vit à Paris Ouest se défonce à la coke, est griffée de là tête aux pieds, ne fréquente que des filles et des fils de, dépense chaque semaine l’équivalent de votre revenu mensuel, fait l’amour comme vous faites vos courses. Sans oublier l’essentiel : elle vous méprise profondément… Jusqu’au soir où elle tombe amoureuse d’Andréa, son double masculin, séducteur comme elle, et comme elle désabusé. Ensemble, coupés du monde, dans un corps à corps passionnel, ils s’affranchissent du malaise qu’ils partagent. Mais les démons sont toujours là, qui veillent dans la nuit blanche de ces chasseurs du plaisir.

… et Crépuscule Ville de Lolita Pille. 

L’histoire: Bienvenue en hyperdémocratie, lieu de toutes les libertés. Le soleil ne se lève plus depuis longtemps sur la ville. Ancien de la Criminelle, hanté par son passé de mercenaire, Syd Paradine enquête sur un suicide collectif d’obèses. Des attentats sans cause vont se multiplier et l’insurrection monte… L’heure semble venue pour l’utopie de payer pour ses fautes. Surgit une fille, traquée et singulièrement flétrie. Blue a les yeux bleu acier et détient les réponses. Elle est une promesse d’amour dans un monde voué à la destruction.

Si je ne devais citer qu’une auteure que j’ai adoré durant mon adolescence , c’est bien Lolita Pille. Hell est le plus connu de ses romans et a été adapté au cinéma avec, dans les rôles principaux, Sara Forestier et Nicolas Duvauchelle. L’histoire est très simple mais elle m’avait prise au coeur quand j’avais 14 ans. Je me souviens l’avoir lu en deux jours et être restée pensive quelques jours de plus sur cette romance dramatique. L’écriture est loin de ressembler aux grands écrivains tels que Zola ou Hugo mais les mots simples et chocs, les phrases courtes, l’enchainement des actions et ces personnages si détestables qu’on finit par aimer m’ont laissé satisfaite de ma lecture.

Autre style mais même auteur, le très critiqué Crépuscule Ville. Là, Lolita Pille a du se débrouiller pour créer un monde en hyperdémocratie, très proche de la science fiction sans que les descriptions tirent en longueur. L’histoire est courte, plutôt bien ficelée et j’ai été complètement happée par ce monde 2.0 qui aurait pu apparaitre dans la série Black Mirror. Depuis que je l’ai terminé, je ne rêve que d’une chose: que cette histoire soit adaptée au cinéma. Les personnages sont trop intéressants pour les laisser entre les pages d’un vieux bouquin.

Un troisième roman de Lolita Pille que je n’ai pas cité , puisqu’à mon sens moins intéressant à lire, mais dont le final vaut tout de même le détour : Bubble Gum . Ici, on se rapproche plus de l’univers de Hell, dans les quartiers chics de Paris où l’argent, la drogue et le champagne coulent à flots. Il s’agit des rêves , un peu trop ambitieux, d’une jeune provinciale qui veut devenir célèbre.

La fenêtre panoramique de Richard Yates

L’histoire: April et Frank Wheeler forment un jeune ménage américain comme il y en a tant : ils s’efforcent de voir la vie à travers la fenêtre panoramique du pavillon qu’ils ont fait construire dans la banlieue new-yorkaise. Frank prend chaque jour le train pour aller travailler à New York dans le service de publicité d’une grande entreprise de machines électroniques mais, comme April, il se persuade qu’il est différent de tous ces petits-bourgeois au milieu desquels ils sont obligés de vivre, certains qu’un jour, leur vie changera… Pourtant les années passent sans leur apporter les satisfactions d’orgueil qu’ils espéraient. S’aiment-ils vraiment ? Jouent-ils à s’aimer ? Se haïssent-ils sans se l’avouer ?… Quand leur échec social devient évident, le drame éclate.

La fenêtre panoramique, ce nom ne vous dit peut être rien mais lorsque vous avez lu le résumé de l’histoire, ça vous a étonnamment dit quelque chose? Et si je disais Revolutionary Road ? Ou encore Les noces rebelles? Oui, il s’agit bien du couple Wheeler si bien interprété au cinéma par Leonardo Di Caprio et Kate Winslet. Si vous avez aimé le film, courrez donc acheter le livre. On y comprend des choses, des sentiments qui ne pouvaient être retranscrits à l’écran. Le livre donne une puissance supplémentaire aux actions et aux sentiments explorés par les deux personnages. Je suis ressortie de ma lecture complètement abasourdie. Deux fois. Jusqu’où mène l’amour? Tous les couples sont il voués à vivre la vie que la société leur impose? Une partie de la réponse est dans ce roman.

Un heureux évènement d’emiette Abécassis. 

Il parle de quoi? « Désormais, ma vie ne m’appartenait plus, je n’étais plus qu’un creux, un vide, un néant. Désormais, j’étais mère. » . Violent, sincère, impudique, le nouveau roman d’Eliette Abécassis brise les tabous sur la maternité, cet « heureux événement » qui n’est peut-être qu’une idéologie fabriquée de toutes pièces.

Ce livre est tombé sur ma table de chevet pile au moment où il le fallait. Je venais d’avoir mon fils , les nuits étaient difficiles, les rapports avec le papa plus que tendus et moi je me sentais totalement perdue face à ce gros chamboulement dans notre vie. Je culpabilisais de ne pas être la mère parfaite et parfaitement heureuse que j’aurais du être. D’une certaine manière ce livre m’a sauvé. Il a réussi à me déculpabiliser sur le lien maternel, la vie de couple avec un enfant en bas âge et la façon de gérer une vie en plus de ma propre vie. J’étais complètement retournée de voir que je n’étais peut être pas toute seule dans ce cas, à me poser tant de questions et que je pouvais poser des mots sur mes angoisses et mon stress. Cependant, ce livre est très sombre et la fin est loin d’être heureuse. Dans le sens inverse, il ne faut pas croire tout ce qui est dit dans ce roman : que la maternité c’est signer l’arrêt de la vie sociale et active, voire amoureuse. Ce texte a été adapté fabuleusement bien au cinéma. Le film est plus positif et laisse une fin ouverte qui permet de se rendre compte que tout est possible.

 

 

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