Création / Photographie, Humeurs

Les princesses sont-elles toutes des femmes-enfants?

 

C’est la question que je me suis posée la dernière fois que j’ai regardé une princesse Disney. Les princesses sont-elles toutes des femmes-enfants? Il suffit de regarder Belle, Cendrillon ou Raiponce. Elles ont toutes cet air angélique, qui fait d’elles des jeunes femmes prudes et bien élevés. Elles sont catégorisées. Et alors que je pensais que Disney avait fait un énorme bon en avant avec Elsa de la Reine des Neiges, je me suis rendue à l’évidence. La vraie princesse du film est Anna. Elsa, dès le début de l’histoire, devient reine. Et avez-vous déjà regardé les reines de dessins animés? Elles sont, elles aussi, mises dans des cases. Il y a les gentilles reines, telle que la mère d’Aurore, mères idéales parfaitement lisses, qui épaulent le roi et sont bienveillantes envers les sujets. Et il y a les vilaines reines, qui parfois deviennent des sorcières, souvent fatales, maquillées au possible, strictes et méchantes. Hautaines aussi.

Et dans la vraie vie, alors? Je me suis toujours considérée comme la femme-enfant par excellence. La fille qui porte des baskets ou des ballerines tous les jours, qui garde les talons pour les occasions et qui se sent toutefois trop jeune pour se la jouer fatale. Je pensais qu’à l’approche de mes vingt cinq ans, quelque chose se débloquerait en moi, que j’atteindrais un autre niveau. Que je me sentirais plus belle, plus libre et au combien plus sereine. La réalité est toute autre. Si aujourd’hui, certains perçoivent les différentes facettes de ma personnalité, je les dissimule encore bien enfouis sous mes grimaces de gamine. J’ai beau être très ouverte, j’avoue être plus à l’aise dans mon éternelle enveloppe de jeune fille que dans celui de la femme sensuelle. J’ai peur d’être hautaine. J’ai peur qu’on me trouve différente. Qu’on imagine que j’ai changé. Parce que le moi qui se cache sous cette enveloppe a toujours était le même, lui. Il a toujours été complexe, pleins d’atouts et de défauts, balançant sans cesse entre les différentes personnalités qui font que je suis moi. Evidemment, que je me sens moi dans tous les cas, mais c’est mon rapport à l’image que je renvoie qui me limite. Evidemment que je suis multiple, mais je ne le parais pas.

Et si Aurore était tatouée de la tête aux pieds, si elle portait une robe fourreau rouge fendue jusqu’à la mi-cuisse resterait-elle encore la princesse douce et rêveuse que nous connaissons? Dans ce qu’elle est, certainement oui. Mais dans notre imaginaire à nous, je suppose qu’elle serait un peu plus rebelle, plus libre et plus forte surtout. Parce que, oui j’oubliais, les princesses sont des êtres fragiles…

C’est de toute cette réflexion autour de l’image que nous renvoyons, nous les femmes, qu’est né le shooting photo du jour. Maquillée comme la vilaine reine de Blanche-Neige, les cheveux un peu en pagaille, un bustier pour accentuer le coté sexy, et des perles noires pour ne rien enlever à ce coté sombre, j’ai choisi de la jouer différemment cette fois. De sortir cette autre facette de moi. Et malgré ça, suis-je toujours celle que vous connaissez?

 

Laisser un commentaire