Quand le maquillage n’est pas indispensable.

Vous êtes certainement en train de vous dire: Mais qu’est ce qu’elle nous fait Charlène là? C’est quoi cette photo?

En fait, c’est très simple, j’avais besoin d’illustrer mon article avec une photo de moi sans artifice. Pas de maquillage, pas de retouche. Une photo prise à la lumière du jour, dans ma chambre, au naturel. J’avais envie de vous parler de ce qui chez moi n’est pas un complexe: ma peau telle qu’elle est sous le fond de teint, mes yeux dont le marron n’est pas sublimé par une quelconque couleur sur mes paupières, de ma bouche rosée et matte. J’ai une confidence à vous faire. Parfois, souvent, quasiment tout le temps en fait, je sors comme ça. Je n’ai pas honte des cicatrices de mon acné disparue , ni de mon regard un peu fatiguée.

J’ai commencé a me maquiller très jeune. J’étais au collège et c’est devenu une véritable addiction. J’utilisais du fond de teint en poudre et je mettais beaucoup de mascara et du khôl sur la muqueuse de mes yeux. Un regard bien noir qui faisait ressortir la profondeur de mes pupilles mais qui me donnait aussi l’air terriblement froid et désagréable. Pour moi, c’était mon visage de journée, celui qui me faisait garder la tête haute en toute situation, face aux camarades, aux professeurs, au personnel administratif. J’avais l’impression de paraitre plus grande, plus vieille, plus mature et ça me plaisait. Le problème, et je m’en souviens très distinctement, est que le jour où je n’ai pas eu le temps de me maquiller, j’ai ressenti un sentiment de honte toute la journée. J’avais honte de ne pas m’être apprêtée. J’ai compris à partir de là, qu’il était peut être plus pertinent de lâcher prise et d’apprendre à sortir sans make up.

Cela a pris quelques mois, mais lorsqu’arrivée au lycée j’ai rencontré quelqu’un qui m’aimait aussi bien apprêtée qu’en pyjama pilou pilou, j’ai, moi aussi, appris à me regarder autrement. J’ai de la chance sur certains points, j’ai appris au fil du temps à reconnaitre ce qui était joli sur moi. J’ai des sourcils naturellement bien dessinés et plutôt fournis, j’ai des cils longs et bien recourbés ( je n’utilise jamais de recourbe cil, je déteste ça!) , des yeux en amande et des pupilles marrons foncées dont les nuances ne me déplaisent pas, je n’ai pas de cernes trop voyantes et j’ai des lèvres plutôt colorées. Bien sûr, il y a aussi sur mon visage des choses que je n’aime pas, à commencer par ma peau. J’ai une peau à tendance grasse avec tous les désagréments que cela occasionne. J’ai souvent des petits boutons, des pores dilatés, des cicatrices causées par de longues années d’acné. J’ai des petites taches rosâtres, des rougeurs aussi.  Mais au final, on a tous des défauts non?

Aujourd’hui, j’ai fait la part des choses. Je ne comprends pas l’intérêt d’être maquillée comme une Miss le soir d’une élection pour aller travailler dans un collège. Je ne fais pas un métier qui me demande de bien présenter. Moi, je suis là pour aider. Vous l’aurez donc compris, cinq jours sur sept, je range mes pinceaux. Le maquillage est devenu, pour moi, un art, un loisir, comme on pratique la peinture ou le dessin. Il n’est plus indispensable pour que je me sente bien. Le but n’est pas que ce soit récurrent, mais que j’ apprécie de le faire au moment où je le fais. Le maquillage c’est une activité qui m’amuse beaucoup et j’adore apprendre de nouvelles méthodes pour me mettre en valeur. Je me maquille le week end et lorsque je sors en soirée, je prend ça comme une valeur ajoutée à la tenue que je porte. Je me maquille aussi pour les photos, pour le blog dans l’espoir d’avoir moins de retouches à faire (même si elles sont souvent minimes). Et c’est beaucoup plus agréable pour moi d’avoir le choix. Le choix d’utiliser tous les artifices que j’ai sous la main pour gommer mes imperfections ou au contraire de me sentir bien en étant le plus naturelle possible.

 

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