L’utopie de son arrivée.

Je suis une rêveuse. J’ai toujours eu l’impression, dans ce monde où tout le négatif est remis sans cesse sur le devant de la scène, être un brin décalée, un petit peu trop optimiste. J’arrive à percevoir un avenir clair, à imaginer que demain sera toujours mieux, toujours plus beau. Je vois la beauté et le bien en tout ou presque: un oiseau qui chante le matin au réveil, un rayon de soleil qui vient doucement caresser ma nuque, le plaisir de rester un peu dans la voiture après être arrivée pour finir d’écouter la chanson qui passe à la radio, les moments qui permettent de se sentir en vacances, la pomme d’amour achetée au détour d’une foire, le sable chaud sous les pieds, l’odeur des pancakes au petit déjeuner, le fait d’avoir le temps, juste un peu pour s’arrêter et respirer, chaque naissance, chaque mariage, chaque célébration… Quand quelque chose de bon arrive, je sais le prendre comme il vient. Je vis dans l’utopie de mon monde parfait à moi. Et même quand tout ne se passe pas comme prévu, j’arrive à apprécier le moment totalement incertain qui se produit.

Ca a été le cas pour la naissance de Kéo. Dans ma petite tête, tout était déjà bien rôdé. Après m’être renseignée sur le sujet de l’accouchement, je n’avais plus vraiment d’inquiétudes. Que des espérances. C’était un projet de naissance enfoui dans ma tête. Je voulais marcher dans les couloirs, je voulais profiter de la grande baie vitrée de la clinique, avec les ballons qui permettent de gérer les contractions. Je voulais arriver en pleine nuit ou le matin et rencontrer mon garçon le soir. Je voulais que ce soit naturel, mais encadré, comme si une sage femme était venue à la maison. Je voulais être belle comme dans les films, n’avoir recours à rien, ni péridurale, ni ventouse. Et attraper mon bébé, les larmes de ma joie inondant mes joues. Et au final, j’ai adoré la façon dont ça s’est passé pour mon premier. Loin de mes espérances. A l’opposé, même. Entrant le jeudi soir à la clinique pour ne connaitre mon bébé que le samedi soir à 20h15 après 29h de travail, une journée entière allongée avec un monitoring posé sur le ventre. Je n’ai pas vu la grande baie vitrée, je n’ai pas pu me servir des gros ballons de toutes les couleurs, je n’ai pas pu marcher, ni le sentir descendre et c’est exténuée après une péridurale et l’utilisation de la ventouse que j’ai vu pour la première fois sa bouille. Non, je n’ai pas pleuré. Mais, si c’était à refaire, je voudrais que tout se passe exactement comme ça s’est passé. Je le dis toujours, mon premier accouchement a été long, fatigant, mais je n’ai pas tellement souffert et nous étions tellement heureux d’accueillir ce bébé en bonne santé. En y repensant, je peux imaginer le sourire béat que j’ai pu arborer toute cette soirée là, en lui donnant son premier biberon et en le regardant dormir, sa peau contre la mienne, dans un calme apaisant.

Pour notre Jolie Rose, l’utopie est la même. Je rêve d’un accouchement plus rapide mais pas trop, et d’une bulle de douceur autour de cet évènement. Je rêve de salle nature, de pouvoir prendre un bain, d’avoir le temps de me préparer, en quelques heures, à notre nouvelle vie. Je rêve de ces instants, rien que son papa et moi, à penser à ce qu’il viendra après. Je rêve de marcher dans les couloirs et une fois, juste une fois, pouvoir admirer la vue par la baie vitrée. J’aimerais éviter la péridurale et tout ce qui, de près ou de loin, est médicalisé. Si elle pouvait arriver doucement, simplement, dans la douleur physique certes mais sans contrainte aucune, alors nous aurions coché toutes les cases de mon accouchement idéal.  Juste elle, juste lui, juste moi et la personne qui nous accompagnera… Et si ça ne se passe pas ainsi, peut être que j’y verrais quelque chose de plus beau, de plus riche en émotions et peu importe au final, ma Jolie Rose, tout ce qu’on veut nous, c’est toi.

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