La question épineuse.

Sein ou biberon? Répondre à cette question, c’est un peu comme manipuler une ronce, il faut savoir être ferme et bien faire attention à ce que l’on dit. Surtout si l’interlocuteur est de l’autre parti. Il faut avancer les bons arguments, les placer là tout doucement, sans être trop brusque pour ne pas soulever de débat. Il faut éviter de se laisser piquer ou de soi même mal se placer. Répondre à « Sein ou biberon? » , c’est toujours un peu délicat. Je l’avais déjà senti pendant ma première grossesse. Il y a les partisans du cododo, du portage, de l’allaitement… Il y a les fervents défenseurs de ces pratiques ancestrales qui, parait-il, devraient être banales. Mais en quatre ans, j’ai l’impression que cette tendance a pris plus d’ampleur. Avec le retour au naturel, beaucoup de mamans choisissent l’allaitement. Et j’ai entendu, ces derniers temps et plus que jamais, les émissions et les professionnels en faire l’éloge. Je suis d’accord sur tous leur propos en général. Tout ce qui concerne le bien être de l’enfant, le besoin de succion, la proximité maternelle, la meilleure nutrition.

Mais, moi, je me situe de l’autre coté de la barrière. Je fais partie de celles qui ne conçoivent rien d’autre que le biberon. Parce que je ne veux pas être qu’une mère, parce que j’ai besoin d’avoir du temps pour moi, parce que je veux que le papa participe aussi aux repas et parce que l’époque dans laquelle je vis me donne le choix. Je pense que ma relation avec mon bébé ne sera que plus apaisée si j’ai le temps de me reposer. J’ai besoin d’avoir du temps pour me retrouver, du temps pour sortir seule, avoir la liberté de me retrouver en temps que femme, et non pas seulement en tant que maman. J’ y gagne en calme, en patience, en douceur. Je pense juste que c’est comme ça que je pourrais être meilleure. Meilleure amie, meilleure femme et surtout, surtout meilleure mère. Je suis aussi quelqu’un qui, à longueur de fatigue, peut devenir exécrable. Pas assez de repos, pas assez de sommeil et tout me semble insurmontable. Même une journée avec un bébé. Je n’ai pas envie de ressentir ce sentiment de regret, d’abandon. Je n’ai pas envie de me sentir bonne à rien parce que je me serais forcée à m’épuiser. Et je ne suis pas prête à laisser tomber non plus mon temps de jeu et d’écoute avec Kéo sous le seul prétexte que, parce que je nourris sa soeur au sein, je me sens trop exténuée.  Et parmi les points qui font que je choisis plus facilement l’allaitement artificiel, il y a simplement le fait que je ne suis pas quelqu’un qui s’alimente vraiment bien. J’ai beau faire des efforts, on est loin d’une alimentation saine. Alors comment pourrais je transmettre les bons nutriments à mon enfant si moi même je ne les avale pas? Et de là vient tout le problème nutritionnel qui est le mien… et uniquement le mien. Une mère qui mange correctement n’aura pas ce problème, mais moi? Comment puis je être sûre  que je transmet véritablement à mon bébé tout ce dont il a besoin? Kéo a été nourri au biberon et n’a jamais été carencé en rien. Et aucune maladie n’est venue de son type d’alimentation. Au contraire, avant d’affronter les virus qui trainent chez les nounous et à l’école, il n’était jamais malade. Jamais. Alors, merci, mais non merci, les longs discours sur le bien être de bébé et sur le lien maternel. Au Diable la culpabilité de répondre « Biberon! »  Je fais mon choix par instinct. Comme toujours.  Mon bébé et moi, nous construirons ce lien indescriptible, mais je pense qu’il sera plus facile à tisser au fil des jours si  je suis en accord avec ce que je pense. Si je ne me force pas à faire ce dont je n’ai pas envie. Le lien maternel n’a, à mes yeux, rien à voir avec le type d’allaitement choisi. Ce n’est pas parce que je ne la mettrais pas au sein que je l’aimerais moins. Par contre, je crois fermement que la relation mère/enfant se crée selon l’attention portée à l’enfant, le temps qui lui est accordé, la place qu’on a su lui créé au sein d’une famille mais aussi et surtout selon le bien être de sa mère. Ma fille sera certainement plus épanouie si moi-même je le suis.

5 Commentaires

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  1. 1
    Morgane

    J’attendais avec impatience ton article ! Apres lecture je ne suis pas forcément d’accord avec tes arguments mais l’argument sur lequel je suis persuadée que tu as raison et totalement d’accord avec toi : tu ne dois pas te forcer ! Si tel est ton choix suis le !!! 🙂

    • 2
      boutchako

      Je ne suis absolument pas vexée, au contraire. Sans soulever de débat, j’aurais juste aimé que tu sois plus explicite sur lesquels de mes arguments tu aurais contredit… Peut être que je me suis mal exprimée , et alors j’aurais aimé rectifier le tir. Encore une fois, pas de débat, juste une discussion, qui peut être éclairera mes lecteurs sur les pour, les contre, les pourquoi j’ai fait ce choix et pourquoi pas toi.

  2. 3
    Morgane

    Pour te répondre voici les arguments pour lesquels je ne suis pas d’accord avec toi apres bien sûr je te réponds par rapport à mon cas personnel 🙂 le papa a pu malgré l’allaitement participer aux repas de bebe puisque dès les 1 mois de Noé j’ai tiré mon lait , ce qui lui permettait de donner à manger à Noe et qui m’aurait permis si je le souhaitais de m’absenter de la maison (bon je ne l’ai pas fait car je n’en ressentais pas le besoin) . Je n’ai jamais été aussi fatigué que depuis que je suis passé au biberon et enfin je n’ai absolument pas modifié mon alimentation lorsque j’ai eu Noé , je savais en plus qu’il allait bien par rapport au poids qu’il prenait parfaitement bien 🙂 voilà ! Apres nous vivons dans une société ou les mères allaitantes n’ont pas à être jugées et les mères non allaitantes non plus et encore heureux ! Ce choix de l’allaitement doit être fait par toi et toi seule ! On ne peut pas se forcer an allaiter car une chose est sûre dans ce cas ca ne fonctionnera pas

    • 4
      boutchako

      Voila qui me semble bien plus facile pour répondre! Et bien sûr, dans l’article, je parle de moi et uniquement de moi. Je ne dis surtout pas « Faites ce que je fais! » 😉 Le tire lait, dans ma tête c’est assez inconcevable. Je n’ai vraiment pas envie d’avoir à tirer mon lait, c’est psychologique ça me rebute. Du coup, c’est très clair pour moi, soit j’allaite à 100% jusqu’à la diversification alimentaire (d’où le rôle effacé du papa et mon obligation de n’être jamais loin de bébé pour assurer son bien être et sa bonne alimentation) , soit je donne le biberon et laisse le papa s’occuper de son enfant pendant que je me repose ou passe du temps en dehors de la maison. Pour la fatigue, je ne sais pas dans quelles conditions tu as allaité Noé, mais dans notre cas, notre fille ne dormira pas (même pas les premiers jours) dans notre chambre. Il faudra donc se lever dans tous les cas… Et comme on ne contrôle pas la quantité de lait absorbé pendant l’allaitement et que ça se fait à la demande, je ne serais pas sereine au moment d’aller me recoucher. Enfin, question alimentation, et là c’est une problématique qui m’est propre, je suis plus à l’aise avec l’idée d’un allaitement artificiel qui lui transmettra les nutriments qu’il lui faut (mine de rien , c’est quand même étudié pour) . Pour te donner un exemple précis ( et pour ne t’en donner qu’un, parce que je suis loin d’être un exemple d’alimentation saine) , je ne mange aucune source importante de calcium (ce dont pourtant l’enfant a besoin pour grandir, pour avoir des os solides . CF publicité ahah) , ni lait, ni yaourt, ni fromage. Pendant la grossesse, je me force ou alors je prends des compléments prescrits par mon gynécologue parce que mon bébé est en moi et que je n’ai pas d’autre choix. Mais ce n’est pas un régime que je tiendrais après mon accouchement. A partir de là, mon instinct de mère me dit  » l’allaitement, ce n’est peut être pas l’idée du siècle dans ton cas ». Voilà! Après je ne suis pas médecin ni sage femme, mais j’essaye de faire ce que me disent mon coeur et ma tête. Et bien sûr, je ne porte pas de jugement sur les mères allaitantes. En l’occurence , et comme je le dis dans l’article, sur le fond, je suis parfaitement d’accord avec l’allaitement. Par contre, dans mon cas précis, avec mes envies, mon organisation, ma façon de gérer la fatigue, mon alimentation et mon caractère, cela ne correspond pas.

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