Le temps de l’apaisement.

Il y eut le temps de la décision. Le premier « oui » à l’affirmation « Je veux un autre bébé » . La première étape. En soi, la douce promesse. Celle du « on sera quatre un jour.« .

Il y eut l’euphorie des premières attentes. Chaque mois, attendre que « ça » ne vienne pas. Attendre qu’un petit coeur batte, et que cela s’enchaine pour neuf mois.

Il y eut le temps des déceptions. Tous les cycles qui se terminent puis s’enchainent. Les pourquoi ? Pourquoi pas? Pourquoi nous? Nous qui avions eu notre premier si rapidement.

Il y eut le temps des questionnements. De savoir s’il fallait qu’on consulte. De savoir s’il fallait juste attendre. Et nos avis qui divergent. Moi, j’aurais tout tenté pour avoir ce bébé. Lui, il voulait juste patienter, que ça se fasse naturellement. Alors, je me suis ralliée à lui, et j’ai mis le numéro du gynéco de coté.

Il y eut le temps des doutes. C’était trop long, trop frustrant, trop décevant. Fallait-il arrêter d’essayer? Devions nous nous faire à l’idée? « Et puis un, c’est déjà bien. Il y a tellement de couples qui n’y arrivent pas… du tout. »

Il y eut les grossesses des autres. Les amies qui sont gênées d’annoncer leur bonheur naissant et les mots que nous voulions rassurants. Non, nous n’étions pas tristes ou en colère. Bien au contraire. Nous avons savouré chaque rencontre avec les nouveaux petits bébés.

Il y eut ma fausse couche à moi, après deux ans d’essais. Ce ventre plein de vie durant quelques semaines et la douche froide avant Noël. La déception intense avant de se relever. « Après tout, ça a fonctionné une fois, ça veut bien dire qu’on peut y arriver. »

Il y eut Janvier, Disneyland avec Kéo et cette drôle d’impression. La sensation de ne pas être seule dans mon corps. L’achat d’un test de grossesse. L’apparition du bon nombre de barres. La renaissance de l’espoir. Le rendez-vous chez le gynécologue et découvrir un nouveau coeur qui bat.

Il y eut le temps de l’attente. Trois mois sur le fil. Trois mois, c’est tellement long. Devoir le cacher. Attendre d’être sûre. Mais ce ventre qui déjà s’arrondissait.

Il y eut ma grossesse. Tellement, mais tellement différente de la première. Passée si vite et à la fois si longue. Neuf mois. Neuf mois avec des maux que je ne connaissais pas. L’été, la chaleur des nuits et ce ventre qui s’est arrondi si vite. Devoir se lever dix fois par nuit, avoir du mal à marcher de longues distances sans déclencher des contractions, ne jamais se sentir vraiment à l’aise assise, couchée, debout. Se dire que cette grossesse sera la dernière. Essayer de profiter de chaque instant, de chaque coup de pied, de chaque échographie, de ces sensations si intimes entre elle et moi. Pouvoir l’imaginer. Et pouvoir nous imaginer nous… tous les quatre.

Il y eut le temps de notre rencontre. De cette douleur vive pour lui offrir son premier souffle. Et puis, découvrir ses traits. Découvrir son visage, ses mains, sa peau si douce, tous ses cheveux et ses petits pieds. Entendre sa voix de fille. Lui donner son prénom. Redécouvrir cette sensation intense de bonheur.

Aujourd’hui, c’est le temps de l’apaisement. La vie a repris peu à peu son cours. Tout est bien organisé, millimétré. Kéo est un formidable grand frère, attentif et protecteur. Et il est toujours, avec nous, ce petit garçon affectueux et farceur. Il est et restera pour toujours notre premier amour. Altaïs , elle, est la douceur incarnée. Elle est le quatrième pilier de notre foyer. Quant à moi, je me sens terriblement chanceuse d’avoir fondé la famille dont j’ai toujours rêvé . Chanceuse, épanouie, apaisée.

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