Vidéoprojetée

J’avais peut être 4 ou 5 ans et je me souviens très nettement de ces après midi passés au dortoir de l’école devant les images rétroprojetées. Je crois même que c’était mes après midi préférés. Ça et les matins peinture. J’adorais voir la maitresse mettre ces petites images encadrées de blanc, sous lesquelles étaient écrites des légendes que je ne pouvais pas encore lire, dans une machine qui les faisait tout à coup vivre. On pouvait discerner de ces négatifs à la base si incompréhensibles des formes et des couleurs, des lieus, des scènes que l’on pouvait voir en vrai. Des monuments s’invitaient dans le noir du dortoir. Des animaux et des instruments de musique. Toutes ces choses que la vie, de toute façon, nous aurait apprises mais certainement d’une façon moins particulière, moins poétique qu’assis sur nos lits d’enfants. Je me souviens des minutes passées à décrire chaque petit détail, de la lumière blanche, aveuglante, entre deux images. Je me souviens de cette sensation si agréable de découvrir en s’amusant, de s’émerveiller tout autant. J’ai toujours gardé ça en tête. Ça et les matins peinture. C’était si beau cette façon d’habiller les murs.

Aujourd’hui, à 26 ans, je garde encore en moi cette fascination pour la lumière, pour les couleurs et le néon. Mon coté artistique, découvert et exploité sur le tard, n’a rien perdu de ces souvenirs d’écolière. Sauf qu’aujourd’hui on ne retroprojette plus, on préfère vidéoprojeter des images qui s’animent, des images mouvantes. Et aujourd’hui, ce ne sont plus les murs du dortoir que la maitresse habille, mais c’est moi-même qui me peint à travers ces images. Je me pare. Voila le bon mot. Je me pare de mille couleurs, de mille univers. Je m’égare au fil des images, le temps d’un regard. Je découvre des lieus que je n’ai jamais vu, je vais à la découverte d’endroits interdits et artistiquement parlant, je m’épanouie.

 

 

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *