Là où, toi et moi, on se rencontre encore.

Je t’ai rêvé si souvent, toi qui est parti il y a maintenant si longtemps. A l’aube de ma vie d’adulte, tu t’es évanouie délicatement. Je t’ai pleuré un peu, mais j’ai toujours su que tu là où tu allais tu t’y sentirais mieux. Il te manquait, l’amour de ta vie, et je suppose que la solitude te pesait aussi. Je t’ai rêvé si souvent, d’un rêve presque éveillé, dans lequel ce jardin en friche désormais était encore ton potager. Je me suis remémorée l’odeur de ta maison, l’odeur du bois dans la cage d’escalier, l’odeur de toi quand tendrement tu me câlinais. Mais cette maison que j’aimais, aujourd’hui, je n’y mets plus les pieds. Une famille qui semble heureuse s’y est installée. Je ne te rêve plus tu sais, maintenant je te vois. Je te vois entrer dans cette église, cette église qui a bercé mes tendres années, cette église dans laquelle tu nous accompagnais. Et depuis de longues années à présent, je t’avoue sans rougir que je pense y détecter des signes, des bouts de toi, des bouts de nous, de notre joie de vivre et de nos rires. Le jeu de domino est resté dans ta maison juste à coté, comme l’Orangina que tu me servais. Mais toi, je le sais, d’une certaine façon tu as déménagé. Dans cette église, je vois des signes, des bouts de toi, des bouts de moi, de nous. Je touche le bois, son vernis sous mes doigts, j’écoute mes pas, le talon qui raisonne sur la pierre, j’ai comme la sensation que tu es là. La lourde porte s’ouvre et se ferme dans le même fracas qu’autrefois. Mes souvenirs remontent, ma tristesse non. Une douce nostalgie s’imprègne de moi. Et dans le silence si léger pourtant, je sais que tu entends ce que te crie mon coeur. Je reviendrais te voir encore, je continuerais de t’aimer toujours. Et comme à chaque fois, je te donne rendez-vous là où, toi et moi, on se rencontre encore.

 

 

 

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